La Suisse sort les armes contre le franc fort. Source : Lefigaro.fr

Le franc suisse est «extrêmement surévalué», estime la Banque nationale suisse (BNS). La flambée de la monnaie helvétique, qui inscrit record sur record face aux principales devises, «constitue une menace pour l'évolution de l'économie et accroît les risques d'une dégradation de la stabilité des prix» dans le pays, ajoute-t-elle, justifiant sa décision, ce mercredi, de ramener la fourchette de fluctuation de son taux dit Libor franc suisse à durée de trois mois de 0-0,75% à 0-0,25%. Un assouplissement monétaire inattendu, et d'une ampleur surprenante. La BNS n'avait plus desserré la vis depuis la mi-mars 2009.

Outre cette décision, la Banque suisse a annoncé toute une série de mesures, comme l'augmentation «substantielle» des liquidités sur le marché monétaire en francs suisses dans les prochains jours. Couplée à une baisse des taux, une telle annonce s'apparente à ce qu'on appelle un relâchement monétaire (ou «quantitative easing») qui a pour effet de faire baisser la valeur de la monnaie locale. Mais selon Bernard Lambert, chef économiste auprès de la banque Pictet, cité par Le Temps, si «le ton de la BNS est assez fort» et les mesures annoncées constituent un premier pas important, elles restent «limitées». À noter que la BNS entend en outre accroître les avoirs que les banques détiennent en comptes de virement à la BNS, qui passeront d'environ 30 milliards de francs, actuellement, à 80 milliards de francs.

Ce mercredi, ces annonces ont en tout cas été appréciées des investisseurs : l'indice SMI des vingt principales valeurs de la Bourse suisse progressait de 1,19% à 5.612,97 points vers 13 heures, effaçant les pertes subies la veille.

Le franc suisse est ainsi plébiscité par les investisseurs car cette monnaie fait partie des valeurs dites refuges, c'est-à-dire celles qui sont le plus à même de conserver leur valeur dans un contexte conjoncturel dégradé . Or, alors que la question de la dette américaine donne encore du fil à retordre à la planète finance, la crise européenne refait surface, avec notamment l'Italie et l'Espagne au cœur des préoccupations. Ainsi il faut réagir, a soufflé le ministre suisse de l'Économie, Johann Schneider-Ammann, qui a évoqué dans un discours lors de la fête nationale le 1er août le risque d'un effondrement conjoncturel. La flambée du franc plombe en effet l'économie suisse, fondée sur l'exportation (montres, chocolat, fromage, mais aussi les secteurs de la mécanique, l'électrotechnique et la chimie).

 

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